Le rythme de déplacement des brigades d’élevage est dicté par les besoins en nourritures des rennes. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est l’homme qui suit les bêtes et non l’inverse. Ainsi ce sont les rennes qui donnent le signal du départ quand les pâturages sont épuisés, tout comme ils décident du lieu du campement quand ils ont flairé sous la neige une riche zone de lichen. Lorsque celui-ci vient à manquer, les rennes signifient alors aux hommes qu’il faut partir. La brigade parcourt près de 1.300 km par an, bivouaquant 70 fois environ. La brigade met environ deux heures pour démonter les tentes et charger les traîneaux. Préalablement, il a fallu capturer près de 300 rennes de trait pour tirer la centaine de traîneaux.
Plus au nord, dès que les températures se font plus clémentes et que la neige fond, la brigade abandonne ses traîneaux chargés de toutes les affaires d’hiver pour récupérer celles d’été stockées sur des traîneaux qui attendent dans la toundra depuis 6 mois. A chaque brigade est assigné un trajet de migration qu’elle doit scrupuleusement respecter pour éviter que les troupeaux ne se mélangent ou que des zones de pâturages ne soient indûment exploitées, deux sources majeures de conflits entre éleveurs qui peuvent dangereusement dégénérer.