Les journées dans un campement sont extrêmement chargées, les tâches dites ménagères incombant aux femmes tandis que celles relatives à l’élevage revenant aux hommes. Tous les jours, les rennes qui paissent aux alentours sont rabattus vers le campement afin qu’ils gardent le contact avec les hommes, sans quoi les bêtes retournent rapidement à l’état sauvage. Parfois l’une d’elles est capturée puis abattue pour nourrir la famille, ou bien pour être cédée à un marchand itinérant en échange de biens de première nécessité. A l’aide d’une simple hache et de tendons de rennes, les hommes construisent des traîneaux ou réparent ceux fatigués par les voyages incessants. Les femmes vont ramasser du bois de chauffe, parcourant des kilomètres dans cette toundra désertique pour rapporter quelques bouleaux nains.
Pour l’approvisionnement en eau, les femmes taillent des blocs de neige vierge de toutes souillures de rennes loin du campement ou bien découpent des blocs de glace dans une rivière ou un lac à proximité qu’elles feront fondre. Les enfants sont très jeunes associés à ces différentes tâches pour apprendre les gestes permettant de survivre dans cet environnement particulièrement hostile. Souvent, il faut aller rechercher des rennes égarés ou enfuis au cours d’un trajet d’étape. Quand la pourga (tempête de neige) se déchaîne, il est vital de se réfugier dans le tchoum car la température descend en dessous de -50°C. A l’intérieur, il faut charger le poêle pour maintenir la température et consolider les amarres pour éviter que la tente ne s’envole sous les assauts du vent.