Le tchoum est l’habitat traditionnel des Nénètses qui peut héberger jusqu’à une dizaine de personnes, y compris les chiens. Cette tente de structure conique est composée d’une cinquantaine de mâts recouverts de peaux et fourrures de rennes garantissant une excellente isolation thermique. Cette couverture est en deux couches: une première uniquement en peaux et la seconde, recouvrant la première, en fourrures. Il faut compter plus de 150 peaux de rennes en tout. En son centre, trône le poêle qui est souvent éteint pour économiser le bois de chauffe, denrée très rare dans la toundra que les femmes doivent rechercher, sous forme de bouleaux nains ou d’arbustes, souvent à des kilomètres du campement. Le feu est ranimé par intermittence pour préparer du thé mais aussi pour maintenir une température supportable à l’intérieur du tchoum. Les femmes sont aussi responsables de l’approvisionnement en eau, sous forme de neige vierge ou bien de blocs de glace prélevés dans une rivière ou un lac gelés à proximité.
Gardiennes du foyer, les femmes assurent toutes les tâches ménagères qui doivent rendre confortable la vie des hommes sitôt de retour de leurs activités en extérieur: préparer les repas plusieurs fois par jour, travailler les peaux de rennes qui serviront à la confection des vêtements de la famille, assurer tous les travaux de couture, élever les enfants en bas-âge et préparer les filles à leur rôle futur. Enfin, c’est à elles qu’incombent le montage et le démontage du tchoum quand la brigade se déplace. Jusqu’à récemment, la seule source de lumière quand l’obscurité arrivait était une lampe à pétrole. Aujourd’hui, les familles investissent dans des groupes électrogènes portatifs qui permettent un éclairage électrique et de regarder la télévision, jusqu’à épuisement des réserves d’essence.